Présentation

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# Posté le mercredi 24 septembre 2008 07:45

Modifié le vendredi 26 septembre 2008 10:45

Non piu cose ma protagonisti



NON PIÙ COSE MA PROTAGONISTI


Storia della Leonardo da Vinci di Seraing

Histoire de la Leonardo da Vinci de Seraing

A cura di/par

Mario Pusceddu e Marco Valdo M.I.


ORA E SEMPRE : RESISTENZA !



Editeurs : Leonardo da Vinci ASBL Seraing - Comité Carlo Levi - FILEF La Louvière



Le présent ouvrage a été conçu sous la direction vigilante du Président actuel de la Leonardo da Vinci
de Seraing, qui est aussi son animateur : il compagno Angelo Santamaria.

Les éditeurs de ce livre sont la Leonardo da Vinci (Association sans but lucratif – membre de la FILEF),
rue Cockerill, 86 à 4100 Seraing (Belgique) et le Comité Carlo Levi –
FILEF, rue Vital Roland, 40 à 7100 La Louvière (Belgique).



Le texte de ce livre n'est soumis à aucun droit d'auteur, ni droit de copie
Tous les droits sont libres au titre de la collaboration, de la solidarité et de l'appui mutuel entre les personnes qui aiment le savoir et l'information libre.
Ce livre peut être reproduit avec des systèmes électroniques, mécaniques ou autres sans autorisation, ni la nôtre ni celle d'aucun autre.
Est chaudement recommandée dès lors la reproduction, même partielle, effectuée avec quelque moyen que ce soit, même à l'usage interne et didactique.
Celui qui photocopie un livre, celui qui met à disposition les moyens pour photocopier, celui qui dès lors favorise cette pratique agit en faveur de celui qui désire savoir et connaître, avantage un savoir opposé à la richesse et œuvre en faveur de la culture de tous.

No Copyright



L'image illustrant la couverture est la reproduction d'une affiche de Carlo Levi offerte par ce dernier à l'ASBL Leonardo da Vinci alors qu'il exerçait la fonction de président de la FILEF (Federazione Italiana Lavoratori Emigrati e Famiglie).
Carlo Levi, né à Turin en 1902 : médecin, peintre, écrivain (Cristo si è fermato a Eboli, L'Orologio, Le parole sono pietre, Tutto il miele è finito, Quaderno a cancelli ...), antifasciste, résistant, journaliste, membre de Giustizia e Libertà, du Partito d'Azione, sénateur de la République italienne et fondateur de la FILEF
.
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# Posté le vendredi 26 septembre 2008 10:04

Modifié le vendredi 26 septembre 2008 10:46

Militance Ouvrière



Militance ouvrière
contre l'humiliation et l'exploitation
:

La Leonardo da Vinci

La Leonardo da Vinci, association sans but lucratif, naît en 1963. Son activité et son activisme n'ont jamais cessé.
Aujourd'hui, la Leonardo est toujours vivante et veut faire connaître ses actions, ses objectifs, ses engagements.
Malgré et contre le déclin malheureusement vrai de la classe ouvrière, le mouvement ouvrier, hier comme aujourd'hui et comme il le restera demain, ne se développe pas dans l'abstrait. Il naît et se développe en réaction à un environnement historique, social et économique. L'analyser, aujourd'hui comme hier, nous amène avec lui à prendre en compte l'ensemble des facteurs qui font notre vie changeante tous les jours : les orientations politiques, elles sont de plus en plus sécuritaires ; le contexte historique, il est comme aux moments les plus noirs fondé sur ce qui doit faire peur : le terrorisme et les Etats-voyous ; le contexte économique destructeur de l'acquis social – le marché comme valeur ne tient compte que du profit d'un petit nombre ; le niveau de vie inégalitaire, le statut de l'éducation de plus en plus voué à la préparation au sans-emploi et la discrimination.
Ce que le monde ouvrier a perdu et doit reconquérir, ce sont les modes de construction sociétaire, les modes de socialisation.
C'est dans le respect mais aussi dans l'adaptation aux changements de la société que la Leonardo a voulu travailler. Inspirés par les textes de Karl Marx, les travailleurs des mines et des usines, venus de l'Italie pauvre, ont disposé progressivement du travail et du savoir nécessaires pour devenir – eux – des gestionnaires militants de l'ensemble de la société en devenir.
Il y a maintenant 60 ans écoulés depuis la signature des premiers accords italo-belges sur la mobilisation d'une main d'œuvre pour extraire le charbon des mines.
Se forment alors les ghettos italiens autour des mines. Seuls les plus courageux et résistants restèrent. Ils restèrent parce que, consciemment, ils s'approprièrent les vertus d'une solidarité exemplaire. Ignorant tout de l'exploitation dissimulée sous les accords entre Etats mais, aidés par une vie associative qui prenait forme, ils luttèrent d'abord pour obtenir le regroupement familial ; les baraques en bois et en tôles qui avaient servi avant eux aux prisonniers allemands, accueillirent femmes et enfants. Dès lors, l'esprit de résistance et la volonté de lutte pour la conquête du droit et du respect se développent progressivement.
Ils étaient nombreux ; les besoins à couvrir – la parité de salaires entre Belges et Italiens ; le permis de travail et de séjour ; l'assistance de la mutuelle ; la reconnaissance des maladies professionnelles ; l'accès à des logements décents ; la citoyenneté sociale – ne pouvaient être approchés que par une action militante active. Les communistes italiens ont été les fondateurs de ce mouvement associatif et solidaire qui allait donner naissance à la Leonardo en 1962.
Avec le temps, l'italianité s'est amenuisée en fonction de l'intégration dans la société belge. Nous devons reconnaître aujourd'hui que ces Italiens solidaires ont naturellement sauvegardé pour nous une part importante de notre patrimoine ouvrier. Ils ont développé une pratique culturelle communautaire remarquable. Nombreux sont aujourd'hui les héritiers de ces immigrés si souvent humiliés, voire vilipendés qui occupent des positions importantes dans le monde économique, politique, social, universitaire et culturel. En ce début de 21ème siècle, les Italiens de Belgique et les nouveaux Belges d'origine italienne nous aident à développer la solidarité européenne en la situant toujours dans les composantes du monde du travail.
Aujourd'hui, il faut rendre hommage à tous ceux qui pendant 60 ans ont construit un monde soucieux du respect du droit et de la diversité culturelle. Les communistes italiens ont tout lieu d'être fiers d'avoir été des fers de lance de cette affirmation démocratique et populaire.
Quant à nous, Belges d'origine, nous sommes heureux d'avoir contribué à l'élaboration d'une société multiculturelle respectueuse de tous les apports extérieurs et notamment, ceux qui sont l'œuvre de la troisième communauté en importance dans ce pays.
Après les persécutions policières qui entraînèrent la disparition des associations Italia Libera, ANCRI, Circolo Italo-belge, le nom de Leonardo s'est imposé à Liège.
Leonardo, peintre, technicien, ingénieur, inventeur convenait aux travailleurs qui n'étaient pas toujours compris et soutenus par les intellectuels amis.
Pour nous, les noms de Gino Ghirardelli, Nestore Rotella, Mario Coletta, Mario Pusceddu sont synonymes de liberté, engagement, création...
Il est normal de le reconnaître et de continuer à affirmer leur militance et leurs sens des responsabilités.

Honneur et longue vie à la Leonardo da Vinci.

Marcel Deprez
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# Posté le vendredi 26 septembre 2008 10:13

Modifié le vendredi 17 octobre 2008 10:46

Préface


Préface
Une énumération infinie...


Ho capito fin troppo gli anni e i giorni e le ore
Gl'intrecci degli uomini, chi ride e chi urla...
(J'ai bien compris les ans et les jours et les heures
Les combines des hommes, qui rit et qui hurle...)
Rocco Scotellaro

Lorsque j'ai découvert le livre qui relatait l'histoire de la Leonardo, Mario Pusceddu avait déjà tout fait, ou presque. Tellement fait que mon travail, mon rôle, mon apport s'est presque limité à limiter, à réduire, à ramener ce livre à ses dimensions actuelles et à y ajouter quelques traductions et quelques notes. On est passé ainsi de quelques 900 pages que Mario avait si précautionneusement collationnées aux 300 pages de cette édition. Cependant il était question d'un livre et de contraintes budgétaires aussi, qui sont le mal du siècle.
On trouvera dans ce livre des textes, des photographies (beaucoup), des reproductions de manuscrits, de tracts ou de coupures de journaux. Pas toujours de bonne qualité, pas toujours faciles à déchiffrer, mais d'une rigoureuse authenticité.
On y verra aussi des textes en langues italienne et française. Les documents en italien sont ici publiés dans leur langue d'origine et pour une bonne part d'entre eux, ils ont fait l'objet d'une traduction qui les suit immédiatement. On remarquera au passage que le traducteur a pris le risque de travailler sans filet, y compris à propos de textes poétiques et littéraires, qui sont les plus difficiles et partant les plus périlleux à traduire. On voudra bien excuser ses imperfections.
Pour le reste, j'insiste, l'histoire de la Leonardo a été écrite – au jour le jour pendant des dizaines d'années – par la Leonardo elle-même. Nous nous sommes contentés de tenir la plume - Mario, moi ainsi qu'Angelo Santamaria, qui nous a escortés dans toute cette aventure.

J'ai découvert et on découvrira les liens entre les exilés (émigrés, immigrés...) de Seraing et l'Italie qui expliquent le double titre de ce livre, la double sentence qui l'initie : NON PIÙ COSE, MA PROTAGONISTI (Plus des choses, mais des acteurs) et ORA E SEMPRE : RESISTENZA ! (Maintenant et toujours : Résistance !)
Ces deux maximes ont été choisies par la Leonardo elle-même au cours de son histoire ; elles ont tout à la fois inspiré et renforcé le combat des émigrés.
Elles étaient le fait de deux grands intellectuels de l'Italie du vingtième siècle, de deux antifascistes de la première heure (1920), qui pourtant ne furent jamais ni ouvriers, ni mineurs. On pourrait dire qu'ils furent parmi les pères de la République. L'un fut médecin, l'autre fut juriste. Tous deux furent écrivains, tous deux ont peint.
La première de ces maximes qui dit : NON PIÙ COSE, MA PROTAGONISTI est de Carlo Levi, qui l'utilisa pour son premier article comme président de la FILEF ; elle dit bien le refus de l'instrumentalisation, de la réification de l'homme et la volonté d'être des acteurs du destin, de peser sur l'évolution de la société.


Mario Pusceddu fut (on le verra ci-après) un président majeur de la Leonardo et un membre actif d'autres associations ; il est aussi – avec d'autres – un membre du Comité Carlo Levi, dont le siège est à
La Louvière.


La seconde de ces maximes dit : ORA E SEMPRE : RESISTENZA !
Elle est de Piero Calamandrei, un des principaux inspirateurs de la Constitution italienne, qui exprimait ainsi le combat de tout un peuple pour faire advenir la révolution sociale, inscrite dans la Constitution italienne et si possible (mais l'est-ce ?) par des voies pacifiques. Aux dernières nouvelles, ce combat se poursuit.
L'histoire de la Leonardo est avant tout l'histoire de ses très nombreux membres : des hommes, des femmes, des enfants, des familles entières.
A cet égard, on pourrait ici dire comme le poète Rocco Scotellaro , « sindaco-somaro di Tricarico » :
« E' fatto giorno, siamo entrati in gioco anche noi
con i panni e le scarpe e le facce che avevamo... »

« Il s'est fait jour, nous sommes entrés dans le jeu nous aussi
avec les habits et les chaussures et les visages que nous avions... »

C'est l'histoire d'un peuple de gauche et dont l'idéal était pour tout dire, essentiellement mais pas uniquement, communiste.
Parmi tous ces personnages qui ont fait ensemble la Leonardo, certains, au fil des pages, vont émerger.
C'est dû à leurs fonctions dans l'Association, c'est dû aussi à leurs qualités.
Disons tout de suite, pour écarter toute équivoque, que cela n'enlève rien à l'œuvre commune et à ceux qui, humblement, au travers de milliers de jours, ont fait de la Leonardo l'association culturelle de premier plan qu'elle est encore aujourd'hui.

Parmi ces derniers, on retiendra ici l'immense personnalité de Gino Ghirardelli, fondateur et présent du premier jour jusque très récemment. On retiendra les autres présidents de la Leonardo : Mario Coletta, Luigi Maglioni, Mario Pusceddu et Angelo Santamaria.
D'autres encore ont marqué plus spécialement cette histoire comme l'étonnant Nestore Rotella, Rino Lucchese, Eligio Pezzuolo, l'infatigable Paolo Brizzi ...

Cependant, pour parler de tous en toute équité, il y faudrait une énumération infinie.

Marco Valdo M.I.



Rocco Scotellaro (Tricarico 1923 – Portici 1953) – poème extrait de È fatto giorno. Rocco était le chantre des « contadini del Sud », un des premiers maires socialistes du Sud et fut un des plus chers amis de Carlo Levi. Il mourut à 30 ans de misère.
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# Posté le vendredi 26 septembre 2008 10:19

Modifié le vendredi 26 septembre 2008 10:48

Dalla Nascita ai Nostri Giorni



L'ASSOCIAZIONE LEONARDO DA VINCI
DALLA NASCITA AI NOSTRI GIORNI


L'Association Leonardo da Vinci de la création à nos jours

Le 15 mai 1962, au nom du Comité Promoteur Provisoire de la future Association « Leonardo da Vinci », Gino Ghirardelli convoquait une Assemblée Constitutive pour le dimanche 20 mai 1962 à la Maison du Peuple rue Papillon à Seraing. Le 20 décembre 1962 : publication des Statuts au Moniteur Belge sous le n°5079.
Ainsi commençait une histoire extraordinaire, celle de la (sous-entendu : l'association, d'où l'emploi du féminin) Leonardo ou de la Léonard. Une histoire d'émigrés, une histoire d'ouvriers, une histoire italienne, une histoire de culture populaire : l'histoire de femmes et d'hommes qui contre vents et marées, ont réussi à importer un morceau d'Italie au cœur de Seraing. Mais pas de n'importe quelle Italie... de l'Italie de « gauche », de celle qui avait chassé le fascisme, qui avait libéré son pays, l'Italie de la Résistance, l'Italie de la République, de cette République fondée sur les travailleurs, c'est-à-dire sur les droits, le contrôle et l'implication des travailleurs dans ses choix, ses orientations, ses décisions et dans son fonctionnement.
En juin 1963, le journal « LA VOCE » annonçait la création à Seraing d'une section de la Leonardo da Vinci et la constitution d'un Comité. L'association se donnait pour tâches : la reconnaissance de la silicose comme maladie professionnelle; l'appui aux syndicats dans la lutte pour les revendications des travailleurs; l'ouverture d'une campagne pour la conquête des droits démocratiques des émigrés dans le respect des lois du pays d'accueil. Elle se fixait les objectifs immédiats suivants: l'ouverture d'un local à Seraing; la création d'un Cercle récréatif des jeunes et l'ouverture d'une bibliothèque.
Dès le 15 juillet 1963, on procédait à la signature du contrat de location du local 86 rue Cockerill à Seraing, un ancien magasin de meubles, qui est encore à présent le siège de la Leonardo. Les camarades, les amis, hommes et femmes se mirent à la tâche pour l'aménager et le rendre acceptable afin de pouvoir y pratiquer les activités souhaitées. Nombreux furent les sacrifices et les risques financiers encourus.
Il est certain que l'ouverture du local de l'Association Leonardo da Vinci en fin 1963 a été un événement favorablement accueilli par l'ensemble de la population sérésienne et des environs, plus particulièrement l'italienne, car il venait combler le vide culturel et récréatif existant à l'époque. Il faut reconnaître aux responsables de cette période leur courage, leur volonté militante, leur esprit d'initiative et leur imagination qui donnèrent des couleurs méditerranéennes au ciel gris des mines et de l'industrie de Seraing. Ces précurseurs ont eu le mérite de montrer le chemin et leurs actions ont perduré jusqu'aujourd'hui.
Le bal du samedi ou du dimanche fut le rendez-vous des familles ; il y eut aussi des attractions comme des courses en sac, des démonstrations d'haltérophilie, des expositions de peintres locaux, des concours de Voix Nouvelles, il y eut aussi l'envoi d'enfants de 6 à 12 ans en colonies marines en Italie, la présentation de nombreux films, des conférences et des débats d'actualité.
Les excursions et les voyages étaient complétés par d'autres activités plus sociales, plus formatrices, plus politiques, telles que la bataille pour la reconnaissance de la silicose comme maladie professionnelle des mineurs ; l'information et l'action syndicale, l'étroite collaboration avec l'I.N.C.A.-C.G.I.L., la sensibilisation à la formation et à l'action politique; les conférences, débats et manifestations en relation avec la situation des travailleurs.
Les commémorations devenues traditions sont apparues grâce à la Leonardo. C'étaient la Fête de la République, le 2 juin et de la Libération de l'Italie, le 25 avril, la Fête des femmes, le 8 mars. Les premières fêtes de l'Unità grâce à la richesse de leur contenu s'assurèrent de larges participations populaires.

La Leonardo fut aussi active et protagoniste dans les luttes sociales tant de l'immigration que de l'ensemble des travailleurs de la région.
Pour ce qui est de l'immigration italienne, on notera son action au niveau du Consulat en faveur des droits des travailleurs émigrés et en particulier pour l'assistance aux défavorisés, la lutte pour l'amélioration des contenus des cours de langue et de culture italiennes ainsi que l'amélioration des salaires et des conditions de travail des enseignants de langue italienne.
Elle assura aussi une participation active et solidaire dans les batailles et les grèves des travailleurs de la Région (les biscuiteries Paquot, les cristalleries du Val Saint Lambert, l'aciérie Thomas, le charbonnage Collard), la lutte contre les fermetures des charbonnages, l'implication dans les luttes relatives à la crise de la sidérurgie,
L'information et le suivi de la situation sociale et politique en Italie et en Belgique est encore à ce jour un souci permanent de l'Association.
Cet éventail certainement limité de l'action de la Leonardo de Seraing met en évidence sa particularité d'avoir su s'insérer pleinement dans le monde du travail et des familles de la région liégeoise.
Nombreux sont ceux et celles qui voient en la Leonardo da Vinci la représentation et l'expression des communistes italiens et cela emplit d'orgueil nombre d'entre nous tant il est vrai que sans la volonté, les sacrifices et la militance des communistes italiens de Liège et de Seraing des années 1946 à 1962, notre Association n'aurait jamais existé.
Cependant, il vrai aussi qu'ils bénéficièrent d'amitiés et de sympathies nombreuses qui les aidèrent dans leur action.
D'autre part, si les travailleurs proches de la religion catholique ont trouvé un accueil bien préparé dans les Missions, par contre, ceux qui ne l'étaient pas, ceux qui simplement ne s'inscrivaient pas dans la mouvance catholique, ceux de la gauche étaient moins bien perçus. L'accord sur le charbon n'avait-il pas été signé une première fois en 1938 avec le régime fasciste et son application reportée du fait de la guerre ?
Il s'avère que la plupart des Italiens immigrés, dits de l'immigration noire et de l'immigration rouge, étaient gens de gauche ou proches de la gauche et que de ce fait, ils étaient peu appréciés des autorités belges.
Dans ce contexte aux relents de maccarthysme, et pour tout dire de chasse aux communistes (expulsions et renvois à la frontière), ce furent les camarades du Parti Communiste Belge qui se montrèrent les plus solidaires; suivis des syndicats et plus tard, du parti socialiste.
Le fait d'avoir noué - dès l'époque, et souvent clandestinement - des rapports préférentiels avec le Parti Communiste Belge et le Parti Communiste Italien, malgré les difficultés et les persécutions, n'a pas empêché l'Association Leonardo da Vinci de bien distinguer action politique, action syndicale et luttes des travailleurs, action sociale, culturelle, récréative et sportive en cherchant en permanence l'ouverture aux autres, à la solidarité, aux batailles et luttes unitaires les plus larges possibles avec toutes les forces politiques et syndicales démocratiques et antifascistes.
Nous ne voulons pas laisser circuler l'idée que les camarades créèrent l'Association pour cacher leur action de militants communistes italiens.
Comme leurs actions le démontrent, ils créèrent l'Association Leonardo da Vinci pour répondre à des besoins culturels, sociaux, récréatifs et politiques qui ne trouvaient pas d'espace dans l'environnement de l'époque.


Le contexte de l'émigration - immigration en région liégeoise
et la Leonardo da Vinci

Les immigrés italiens en Belgique, dès lors aussi à Liège et Seraing, proviennent pour la plupart des Régions du sud et des îles de l'Italie (Abruzzo, Basilicata, Calabria, Campania, Molise, Puglia, Sardegna, Sicilia,) mais aussi de Régions du centre et même du nord (Emilia-Romagna, Lazio, Marche, Toscana, Umbria, Veneto Friuli).

Dalla Nascita ai Nostri Giorni
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# Posté le vendredi 26 septembre 2008 10:38

Modifié le vendredi 26 septembre 2008 10:49